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Filigraner un document : les outils comparés

Comparaison des outils permettant d’apposer une mention sur un document : lieu de traitement du fichier, nature du document produit, résistance au retrait du filigrane, et situations dans lesquelles Fili n’est pas la solution la plus adaptée.

Dernière mise à jour : 30 août 2026

Où passe le document, et ce qui en sort

Ces outils produisent à peu près la même mention. Ils se distinguent sur deux points : le lieu où le fichier est traité, et la nature du document produit.

OutilTraitement du fichierDocument produitCoût
Fili
extension et outils web
Dans votre navigateur. Le fichier n’est pas téléversé.Page scannée aplatie ; page nativement numérique laissée en texte sélectionnable.Gratuit
FiligraneFacile
filigrane.beta.gouv.fr
Sur le serveur du service, puis suppression.PDF entièrement converti en images.Gratuit
DossierFacile
dossier de location de l’État
Sur le serveur du service, puis suppression. Même moteur que FiligraneFacile.PDF entièrement converti en images, dossier assemblé.Gratuit
Services commerciauxSur leurs serveurs. Politiques de conservation variables.Variable.Variable
Mention manuscriteAucun traitement informatique.Photographie de la feuille, mention souvent partielle.Gratuit

Un exemplaire de plus, sur une machine de plus

Téléverser un document revient à en créer un exemplaire sur un système qui ne vous appartient pas. Cet exemplaire est traité puis supprimé, comme l’annoncent les outils publics et les services commerciaux. Il existe néanmoins pendant le traitement, et peut rester un moment dans une file d’attente, un journal ou une sauvegarde.

Les violations de données survenues ces dernières années en France, y compris au sein d’administrations de premier rang, montrent que le sérieux de l’exploitant ne suffit pas à garantir le résultat. Ce qui compte n’est pas le sérieux du service, mais le nombre de systèmes qui détiennent une copie. Une copie qui n’existe pas ne peut être exposée par aucun incident.

C’est la raison du traitement local, et le seul critère sur lequel Fili se distingue vraiment des autres outils. Aucun des outils cités ici n’a, à notre connaissance, subi d’incident de ce type.

Cette approche a une limite : le document finit par arriver chez le destinataire, qui le conserve. Le traitement local supprime un intermédiaire de la chaîne, non l’ensemble. C’est la raison pour laquelle le marquage conserve son utilité, puisqu’il accompagne la copie effectivement transmise.

Le filigrane et son retrait

Convertir la page en image avant d’y dessiner la mention n’est pas seulement un choix de format : c’est une mesure de résistance au retrait. Le filigrane est fondu dans les seuls pixels qui existent, et il n’y a plus d’exemplaire intact à extraire du fichier. C’est ce que font DossierFacile et FiligraneFacile sur l’intégralité du document.

Le prix de cette méthode est connu : le PDF ne comporte plus aucune couche texte, ni pour le filigrane ni pour le document d’origine. La recherche et la sélection de texte deviennent impossibles, le fichier s’alourdit, et les lecteurs d’écran ne disposent plus d’aucun contenu à restituer.

Fili applique le même aplatissement, mais seulement là où il apporte quelque chose : les pages constituées d’une image occupant la quasi-totalité de la surface — un document photographié ou scanné, cas le plus fréquent. Sans cela, l’image d’origine resterait extractible des octets du fichier, filigrane compris. Les objets devenus inutiles après l’opération sont aussi supprimés du document, faute de quoi l’image intacte y subsisterait sans être visible.

Une page nativement numérique — avis d’impôt, bulletin de paie — ne présente pas cette faiblesse : la mention y est inscrite dans le flux de contenu de la page, aux côtés du texte du document, sans exemplaire propre à isoler. L’aplatir coûterait la sélection du texte et l’accessibilité sans contrepartie. Ces pages conservent donc leur couche texte.

S’ajoutent deux mesures contre le retrait automatisé : la trame du filigrane est décalée aléatoirement à chaque page, de sorte qu’un masque calculé à l’avance ne peut pas être soustrait à l’identique, et un voile vectoriel adoucit le tracé pour qu’un simple seuillage global ne l’efface pas proprement. L’opacité se situe dans la même plage que celle retenue par les outils de l’État.

Lequel choisir

  • Un dossier de location complet ? Prenez DossierFacile. C’est le service de l’État, les agences et les bailleurs le connaissent, et il assemble tout le dossier. Si votre situation entre dans son cadre, c’est le bon outil.
  • Des pièces envoyées au fil de l’eau, sur n’importe quel site ? Fili intervient au moment où le fichier est joint, sur une annonce, un portail d’agence ou une messagerie, sans passer par un outil tiers.
  • Une pièce isolée, sans installation ? L’outil web de Fili et FiligraneFacile remplissent l’un et l’autre cette fonction. Le premier ne téléverse pas le fichier ; le second est un service public établi.
  • Vous préférez qu’aucune copie de plus n’existe ? Un document jamais téléversé ne peut pas être exposé par l’incident de quelqu’un d’autre. C’est le seul point sur lequel Fili fait quelque chose que les autres ne font pas.
  • Une remise en main propre ? Une mention manuscrite est suffisante.

Les limites de Fili

Les outils de l’État ont filigrané des millions de documents de location, et leur formulation est celle que les agences ont l’habitude de voir. Fili part de zéro sur ce terrain. C’est d’ailleurs pourquoi son vérificateur reconnaît aussi les mentions de DossierFacile et de FiligraneFacile : le parc existant est le leur, et un outil de vérification qui ne lirait que ses propres marques ne servirait à personne.

Fili n’est pas un service public et n’entretient aucun lien avec l’administration.

Questions fréquentes
Quel est le meilleur outil pour filigraner un dossier de location ?

Pour un dossier de location complet, prenez DossierFacile : c’est le service de l’État, les agences le connaissent, et il produit le dossier complet. Fili est plus adapté quand vous envoyez des pièces au fil de l’eau, sur n’importe quel site, ou quand vous préférez que le document ne soit pas téléversé.

Faut-il téléverser son document pour le filigraner ?

Non, ce n’est pas obligatoire. FiligraneFacile et DossierFacile traitent le document sur leurs serveurs puis le suppriment ; les services en ligne commerciaux font de même, avec des politiques variables. Fili le fait dans votre navigateur, sans que le fichier parte — donc sans créer, chez un tiers, une copie qu’un incident pourrait exposer. Aucun organisme n’est à l’abri : la question n’est pas le sérieux du service, c’est le nombre de copies qui existent.

Pourquoi un PDF filigrané par l’État est-il plus lourd et non sélectionnable ?

Parce que le moteur qu’utilisent DossierFacile et FiligraneFacile convertit chaque page en image avant d’y dessiner la mention. Ce procédé rend le filigrane difficile à retirer, puisqu’il est fondu dans les seuls pixels existants ; il supprime en contrepartie toute couche texte, y compris celle du document d’origine. Fili applique le même aplatissement aux pages scannées. Il conserve la couche texte des pages nativement numériques, où il n’y a pas d’image d’origine à extraire.

Le filigrane de Fili peut-il être retiré ?

Aucun filigrane visible n’est irréversible. Fili aplatit les pages scannées pour qu’aucun exemplaire intact ne subsiste dans le fichier, supprime les objets devenus inutiles, décale aléatoirement la trame à chaque page pour qu’un masque précalculé ne puisse pas être soustrait, et ajoute un voile qui empêche un seuillage global de l’effacer proprement. Ces mesures rendent le retrait automatisé coûteux ; elles ne le rendent pas impossible.

Le filigrane fait à la main suffit-il ?

Pour une remise en main propre, oui. Pour un envoi numérique, la mention écrite dans une marge se recadre en quelques secondes, et la photo de la feuille est souvent de travers ou illisible.

Essayer sans installer

L’outil web de Fili filigrane dans votre navigateur : le fichier n’est envoyé nulle part, et il n’y a rien à installer.