Copie de carte d’identité : la mention à écrire
Ce guide présente la mention à inscrire sur une copie de pièce d’identité avant de la transmettre, les moyens de l’apposer, et l’étendue de la protection qu’elle procure.
Dernière mise à jour : 30 août 2026
Pourquoi une copie nue pose problème
Une copie de pièce d’identité n’a pas de valeur probante : elle n’établit pas que la personne qui la présente en est le titulaire. C’est cette absence de contrôle qui la rend exploitable par un tiers. Elle réunit en effet un ensemble d’informations personnelles — nom, date et lieu de naissance, photographie, numéro du document — qui, associées à un justificatif de domicile et à un justificatif de revenus, suffisent à constituer un dossier vraisemblable : ouverture de compte, souscription d’un abonnement, candidature à un logement.
Le risque ne tient pas au destinataire lui-même, mais à la conservation de la copie après sa réception. Chaque exemplaire transmis est stocké hors de votre contrôle, sur des systèmes dont vous ignorez la configuration, pendant une durée que vous ne fixez pas. Sur plusieurs années, le nombre de copies ainsi diffusées devient difficile à recenser.
La mention d’usage : ce qu’on écrit dessus
La pratique consiste à inscrire sur la copie l’usage auquel elle est destinée. Recommandée de longue date pour la transmission de pièces d’identité, elle repose sur un principe simple : une copie qui désigne explicitement sa destination perd son utilité dans tout autre contexte.
Une bonne mention contient trois choses :
- La démarche, nommée précisément : « exclusivement dédié à la location immobilière », « exclusivement dédié à ma demande de crédit », « exclusivement dédié à mon dossier de candidature ».
- La date de la remise. C’est elle qui vous permettra plus tard de dire quelle copie est partie quand.
- Le destinataire, quand vous le connaissez : le nom de l’agence, de la banque, de l’organisme.
Ce qui donne, en pratique : « Document exclusivement dédié à la location immobilière — remis à l’agence Untel le 12 mars 2026. »
Deux règles de forme importent autant que le libellé. La mention doit couvrir la page, répétée et disposée en diagonale, plutôt que d’occuper un angle : une mention marginale peut être supprimée par un simple recadrage. Elle doit aussi rester lisible sans masquer les informations que le destinataire doit pouvoir consulter, faute de quoi celui-ci réclamera une copie non marquée.
Trois façons de l’appliquer
- Au stylo, sur la photocopie. Gratuit, immédiat, et suffisant pour une remise en main propre. Mal adapté à un envoi numérique : on photographie la feuille, la mention est de travers, souvent illisible, et cantonnée à une zone.
- Avec un outil en ligne. Le procédé est rapide, mais il convient d’examiner le trajet du fichier : la plupart de ces services téléversent la pièce sur leurs serveurs pour la traiter, et leur politique d’effacement doit être prise sur parole. Une copie supplémentaire est ainsi créée chez un tiers, afin de se prémunir d’une copie de trop. L’outil de Fili fait le travail dans votre navigateur, sans envoi.
- Au moment de l’envoi. C’est le seul instant où la destination de la copie est connue avec certitude, et celui où la mention a le plus de chances d’être effectivement apposée. C’est ce que fait l’extension : elle reconnaît la pièce jointe et propose la mention avant que le fichier ne parte.
Ce que la mention protège — et ce qu’elle ne protège pas
Une mention visible ne rend pas la copie inexploitable. Elle peut être recadrée ou retouchée, et un faussaire déterminé parviendra à la neutraliser. Son effet est d’ordre dissuasif : elle transforme une pièce directement réutilisable en une pièce qu’il faut retravailler, et surtout en une pièce identifiable si elle réapparaît dans un autre contexte. Un bulletin de salaire portant la mention « pour la location » versé à l’appui d’une demande de crédit est une incohérence repérable. C’est de cette manière que les dossiers frauduleux, constitués de pièces d’origines diverses, peuvent être détectés.
Elle n’a en revanche aucun effet sur les violations de bases de données. Dans ce cas, ce qui est diffusé n’est pas l’image du document, mais les informations telles que l’organisme les a enregistrées dans ses systèmes. Aucun marquage n’a de prise sur ces données ; ce point fait l’objet d’un guide distinct.
Garder trace de ce que vous avez remis
Lorsqu’un organisme notifie une violation de données, la question déterminante porte sur la nature exacte des pièces qu’il détenait. Sans registre de vos envois, la réponse dépend entièrement de sa propre déclaration. Il est donc utile de consigner, sous une forme ou une autre, la nature de chaque envoi, son destinataire et sa date.
C’est aussi la raison d’être du code de référence que Fili inscrit sur chaque copie : un identifiant aléatoire, sans donnée personnelle, propre à cet envoi. Si la copie refait surface, il désigne laquelle des copies a fuité, donc chez qui. Il n’a de valeur que couplé à un registre de vos envois, tenu sur votre appareil.
Que faut-il écrire sur une copie de carte d’identité ?
La démarche à laquelle la copie est destinée, la date, et le destinataire si vous le connaissez. Par exemple : « Document exclusivement dédié à la location immobilière, remis le 12 mars 2026. » La mention doit être lisible et couvrir la page, sans masquer les informations que le destinataire doit lire.
Un organisme peut-il refuser une copie filigranée ?
Certains l’exigent sans mention, en général quand la copie doit être transmise à un tiers ou archivée sous une forme précise. Rien n’interdit de demander pourquoi. Si la copie nue est indispensable, envoyez-la en connaissance de cause et gardez trace de ce que vous avez remis, à qui et quand.
Une mention manuscrite suffit-elle ?
Elle vaut mieux que rien. Sa limite est pratique : écrite dans une marge, elle se recadre en quelques secondes. Une mention répétée en diagonale sur toute la page est bien plus difficile à retirer proprement.
Le filigrane empêche-t-il l’usurpation d’identité ?
Non, il la complique. Une copie marquée « pour la location » qui réapparaît dans une demande de crédit se remarque immédiatement. En revanche, un filigrane ne peut rien contre une fuite de base de données : ce qui circule, ce sont vos informations en clair, pas l’image de votre pièce.
Marquer une copie, maintenant
Déposez la pièce, nommez la démarche, récupérez la copie marquée. Le fichier reste dans votre navigateur : il n’est envoyé nulle part, et il n’y a rien à installer.